Collins, Jim and Hansen, Morten T. (2011). Great by Choice. New York: Harper Collins.
Je n’aime pas les recettes autrement que lorsqu’il est question de nourriture. Et ce dernier-né de Jim Collins est tout ce qu’il ne faut pas être pour que je m’intéresse à un livre ! Mais bon, je m’étais engagée à le lire et à le commenter, et comme je suis une bonne étudiante[1], je livre la marchandise.
Après les 10 premières pages, j’en avais assez. Mais je me suis rendue à la 185e, les 100 dernières pages du livre étant réservées aux références bibliographiques, à un index, à la méthode de recherche et aux questions les plus souvent posées par les collègues des auteurs.
Quelle est donc l’essence de ce livre probablement voué à la liste des bestsellers de son genre ? Une comparaison de sept entreprises américaines qui ont réussi avec sept autres dans des domaines comparatifs, mais qui n’ont pas connu le même succès. La comparaison s’est établie selon trois grands critères : les gagnants ont connu un succès soutenu pendant au moins 15 ans tant à la bourse qu’en comparaison à leurs pairs; le succès s’est manifesté malgré le chaos (comme par exemple le 11 septembre 2001); finalement, malgré une vulnérabilité certaine due à leur âge et à leur taille, ils ont relevé les défis et gagné leur pari. Les entreprises ont été sélectionnées à la suite d’une étude empirique de 20 400 entreprises.
Et quels sont les ingrédients de cette recette de succès ? La discipline accompagnée d’une bonne dose de créativité, d’innovations mesurées, de bonnes décisions prises de façon réfléchie, un peu de paranoïa et de la chance. Au centre de tout ça, ce que les auteurs appellent « l’ambition de niveau 5 »;[2] il faut avoir lu les autres livres de Jim Collins pour comprendre.
Il y a de belles histoires dans ce livre et des anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres, allant des aventures de Roald Amundsen qui fut le premier à se rendre au pôle sud, aux notes de services paranoïaques de Bill Gates à ses ingénieurs. Des témoignages de performance, d’intelligence et d’amitiés, ingrédients nécessaires à la réussite, qu’elle soit personnelle ou commerciale.
Je n’ai pas aimé ce livre, mais je vous encourage à le lire si, en tant que gestionnaire, ce type de recherche empirique endimanchée dans un langage et des illustrations faciles à comprendre vous intéresse. Prenez quelques heures d’une soirée tranquille pour apprendre comment, au-delà de la chance, ces entrepreneurs ont réussi parce qu’ils étaient stratégiques, disciplinés et créatifs.
Quant à moi, j’ai laissé le livre sur un banc public, peut-être tombera-t-il entre bonnes mains.
[1] En plus d’être directrice générale de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, et présidente du conseil d’administration d’Orchestres Canada, Thérèse Boutin est étudiante au Doctorat en administration des affaires à l’Université de Sherbrooke.
[2] Traduction libre de « level 5 ambition ».