Trudy Schroeder, directrice générale du Winnipeg Symphony Orchestra, est à New York. Elle prend part à une programm de la League of American Orchestras, Les rudiments de la gestion d’orchestre. Elle a partagé ses premières impressions du programme avec nous dans ce blogue.
Camp de type militaire destiné au milieu de la gestion d’orchestre
En ce début d’année, je passe dix jours, à New York, en conversation intensive et continue au sujet de la gestion d’orchestre. La League of American Orchestras présente ce cours à son siège de New York, l’annonçant comme un camp de type militaire à l’intention de ceux et celles qui sont dans leurs trois premières années de la gestion d’orchestre ou qui voudraient s’orienter vers la gestion des arts, ainsi que des musiciens intéressés à passer de la scène aux bureaux de gestion.
J’en suis actuellement à ma troisième année comme directrice générale du Winnipeg Symphony Orchestra. Malgré mes vingt ans d’expérience et plus dans le domaine de la gestion des arts, je me rends compte que nombre d’aspects de la gestion d’un orchestre ne cadrent pas parfaitement avec ma formation en gestion des arts. Plusieurs facteurs m’ont poussée à m’inscrire dans ce programme :
- Je voulais discuter avec des homologues de toutes sortes de questions au sujet des raisons et de la justification de certaines approches du fonctionnement et de la gestion d’orchestre.
- C’est un bon moment de l’année pour m’absenter et entreprendre ce genre d’activité : les musiciens de l’orchestre sont en congé après les représentations de Casse-noisette et les concerts du Nouvel An et il reste encore plusieurs semaines avant le 20e festival de musique nouvelle de Winnipeg.
- La brochette d’instructeurs semblait intéressante, et il me paraissait impensable de rater l’occasion d’écouter les histoires et conseils de ce prestigieux groupe de professionnels de la gestion d’orchestre. Les principaux instructeurs sont Brent Assink, directeur exécutif du San Francisco Symphony Orchestra, et Deborah Rutter, présidente-directrice générale du Chicago Symphony Orchestra. (Ils transmettent tous deux si généreusement leurs connaissances et sont si engagés envers le perfectionnement professionnel et l’avancement de ce domaine de la gestion qu’il vaut la peine de s’inscrire simplement pour les entendre parler de leurs expériences dans ce domaine.) Une foule d’autres personnes-ressources en gestion d’orchestre se sont mises à la disposition de ce programme. C’est en réalité assez étonnant. Jusqu’à maintenant, nous avons rencontré Alan Gilbert, directeur musical du New York Philharmonic, Michael Gilbert, son père, ancien premier violon du New York Philharmonic et Naomi Grabel, directrice du marketing de Carnegie Hall. Ara Guzelimian, vice-recteur et doyen de Julliard, nous a menés dans des exercices d’écoute; demain, nous discutons de la relation avec le directeur musical.
- Sous certains rapports, le programme semble viser des personnes plus jeunes désireuses d’en savoir plus pour faire un choix de carrière; cela pourrait bien être le cas. (Je semble en effet être une des participantes les plus âgées.) Par contre, j’ai découvert l’importance de poser des questions à des personnes qualifiées chaque fois que l’occasion s’y prête. On s’imagine peut-être que la directrice générale d’un grand orchestre n’a plus rien à apprendre au sujet de la gestion d’orchestre, mais je me rends compte que, plus je travaille au WSO plus j’ai de questions à poser sur les meilleures façons de procéder sur de nombreux fronts.
Il est clair, à la fin du troisième jour du programme, que j’avais effectivement beaucoup à apprendre des personnes réunies pour présenter et communiquer une information dans le cadre de ce programme. Il n’y a pas un moment de répit : les journées sont remplies d’exposés et d’exercices, et certains soirs, de concerts et de réceptions après-concert avec des directeurs, chefs d’orchestre et artistes invités. Je suis impressionnée par la qualité et le niveau d’instruction et d’interaction qu’offre ce programme.
Je recommande fortement cette expérience à tout gestionnaire d’orchestre canadien désireux de plonger dans les méandres de la gestion d’orchestre. Le processus de demande, assez complexe, comporte la rédaction d’une série d’essais sur des sujets liés à la gestion d’orchestre. La sélection serait très concurrentielle, bien que je ne sache pas combien il y avait de postulants pour les 30 places offertes.
Aujourd’hui, nous avons eu une séance avec le directeur du marketing de Carnegie Hall, qui présente annuellement 150 concerts dans 7 séries et loue la salle pour 800 autres spectacles. Nous avons également eu l’occasion de discuter avec Charles Hamlen, président de IMG Artists, au sujet des relations entre les orchestres et la direction des musiciens. Brent Assink a quant à lieu présenté un séminaire intéressant sur la gouvernance des conseils d’administration. (Le conseil d’administration du San Francisco Symphony Orchestra compte 85 membres, chacun faisant un don moyen de 23 000 $.) Plusieurs conférenciers représentant la Los Angeles Philharmonic Association connaissent Alexander, le directeur musical du WSO. Hier, j’ai eu l’honneur de rencontrer Zarin Mehta, président-directeur exécutif du New York Philharmonic Orchestra. Il s’est montré très encourageant envers tous les jeunes gestionnaires d’orchestre; j’étais très contente de voir qu’il portait son épinglette de l’Ordre du Canada.
Donc pour moi, 2011 commence par un petit voyage au Sud un peu différent. De fait, après une semaine très froide à Winnipeg pendant les Fêtes, il me semble faire assez doux ici à New York, même si, pour la plupart des autres participants, la simple présence de neige est assez pour défrayer la chronique. Nombre d’entre eux viennent des États du Sud et n’ont jamais vraiment vu de neige. Voilà donc mes premières impressions, que je devrais interrompre dès maintenant afin de retourner à mon étude de cas sur les rudiments de la gestion d’orchestre.
Trudy Schroeder, 7 janvier 2011





